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Un été laborieux

par Valerie Vercammen, Secrétaire Général de la CBB

 

 

 

Congrès CBB : Comment nous protéger contre l'affaiblissement de notre position de négociation et la détérioration des conditions d'achat des betteraves ?

Début juin, nous avons tenu notre congrès trisannuel à Dinant. Vous en trouverez un rapport détaillé en pages 3 et 4 du Betteravier, avec les principaux messages d’un congrès largement dominé par la préparation de l’après-quota. Le congrès s’est clôturé sur cette conclusion : le pouvoir de négociation des producteurs de betteraves est fortement affaibli par le nouveau cadre réglementaire de l'OCM (organisation commune de marché, R 1308/2013). Dans les pays où un accord a déjà été conclu entre les organisations de planteurs de betteraves et les fabricants de sucre, on constate partout une détérioration des conditions d'achat des betteraves. Pour quelles raisons ? Et que pouvons-nous faire en tant que planteurs de betteraves pour se protéger ?

 

Au cours des négociations de l'OCM en 2013, avec le groupe de travail de la CIBE (l’association des planteurs de betteraves européens), nous avions pourtant clairement informé les décideurs des lacunes du règlement et des éventuels problèmes que ces changements pourraient entraîner. Nous avions vu juste car malheureusement, toutes les lacunes et les imprécisions que nous avions pointées dans le texte et/dans l'annexe X sont aujourd’hui utilisées abusivement pour transférer les coûts sur les planteurs de betteraves et ce, sans compensation. En plus, en combinant une interprétation trop restrictive des articles de l’OCM du sucre avec une plainte auprès des autorités de la concurrence de l'UE, certains fabricants de sucre européens ont essayé de dégrader encore plus la position de négociation des agriculteurs déjà très affaiblie. Grâce à la mobilisation au sein de la CIBE, un amendement de l’OCM est prévu au cours des prochaines semaines. Un amendement qui permettra aux négociations collectives entre les organisations de planteurs reconnues et leur fabricant de se poursuivre dans un cadre juridiquement sûr.

 

État des négociations

C’est l'été (du moins selon ce qu’indique le calendrier car nous sommes loin de bénéficier d’un temps estival). Dans quelques semaines, vous allez commencer à planifier vos assolements pour 2017, c’est pourquoi nous espérons que dans le courant de l’été, les deux Comités de Coordination (planteurs ISCAL et Raffinerie Tirlemontoise) parviendront avec leur fabricant respectif à un accord sur les conditions d'achat des betteraves 2017. Dans ce contexte, la CBB tient à bien informer les planteurs belges pour qu’ils puissent prendre leurs décisions de production pour 2017 en connaissance de cause.

 

ISCAL

 A ISCAL, un accord est en vue: tous les accords sont prolongés pour un an en utilisant le principe de répartition "44% planteurs, 56% fabricant"  qui traduit la relation "26,29 € par tonne de betteraves pour 404 € par tonne de sucre". 

 

RAFFINERIE TIRLEMONTOISE

A la RT, les négociations sont très difficiles. La proposition actuellement sur la table des négociations ne répond pas aux exigences minimales des planteurs du CoCo Hesbaye. Beaucoup de planteurs sont perplexes après les communications des dernières semaines.

En clair: la RT vous a adressé une enquête pour évaluer vos intentions de semis pour 2017 alors qu’il n'y a pas encore d’accord interprofessionnel conclu entre la RT et le CoCo Hesbaye. Or, conformément à la réglementation européenne, la RT et le CoCo doivent parvenir à un accord avant d’établir les futurs contrats. Sans accord interprofessionnel préalable, aucun contrat ne peut être validé.


Le message que nous avons essayé de faire passer au congrès est clair : avec la disparition des quotas et du prix minimum garanti pour la betterave, la culture betteravière devient une culture comme les autres et elle perd son effet stabilisateur sur le revenu agricole. Par conséquent, il est extrêmement important que les betteraviers calculent très précisément leurs coûts de production afin de juger si les conditions offertes peuvent oui ou non leur garantir un prix rémunérateur, c’est-à-dire un prix qui couvre les coûts et fournisse une marge bénéficiaire.


La tâche principale de la CBB est de continuer à défendre la rentabilité de la culture betteravière. Pour pouvoir évaluer si une culture est rentable pour votre propre entreprise, il est très important d'estimer correctement vos coûts de production. Faites vos comptes, comparez avec les conditions qui vous sont proposées actuellement et ensuite, prenez une décision en toute connaissance de cause. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions: votre syndicat est à votre service.


Le Comité de Coordination des Planteurs de Hesbaye utilisera tous les moyens pour parvenir à un accord. Cela ne doit cependant pas se faire par des déclarations douteuses dans les médias, soulevant des questions sur le partenariat entre les planteurs et les fabricants, mais en toute sérénité, à la table de négociation. Il existe des outils disponibles dans l'OCM. L’objectif est d’utiliser tous les moyens à notre disposition. Ne pas aboutir à un accord ne constitue pas une option !

 

 

 

 



 

 

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