Accueil

Ouf ! L’interminable campagne 2017-18 arrive tout doucement à sa fin


par Marcel Jehaes, Président de la CBB

 

 

De par sa longueur, cette campagne aura battu tous les records. De par sa productivité, elle se place en tête. Dans de nombreuses exploitations, les 20 tonnes de sucre polarisable à l’hectare ont été atteintes. Certaines parcelles dépassent les 22 tonnes. La nature et le climat, alliés au savoir-faire de nos betteraviers, ont permis d’atteindre ces sommets et ce avant l’heure. Souvenons-nous. Il y a peu, on avait fixé un peu comme un vœu pieux un objectif de 20 tonnes de sucre par hectare en 2020. N’oublions pas que c’est aussi grâce au progrès de la génétique, aux conseils avisés de l’IRBAB sans oublier le suivi en inter-campagne des agronomes de nos sucreries. Pendant la saison et ce jusqu’au moment d’écrire ces quelques lignes, les usines ont fait preuve d’une remarquable fiabilité et d’un rendement journalier au-delà de toute espérance. Personnellement j’espère que ce constat restera d’actualité jusqu’au dernier jour de travail de la récolte 2017-18.

La volonté de nos industriels de maintenir des outils de transformation performants paraît évidente. L’étude sur la création d’une nouvelle sucrerie a passé un premier cap : l’enquête d’intérêt auprès des planteurs donne le mandat aux initiateurs de poursuivre leur mission. Il reste bien sûr dans ce dossier encore des étapes décisives avant de voir pousser hors de terre ce dernier cri de technologie sucrière. L’histoire a souvent révélé que l’avenir appartient aux audacieux qui osent investir de façon contra cyclique. Le tout est d’espérer pour les années à venir un marché du sucre plus soutenu afin que planteurs et fabricants y trouvent leurs comptes. Un partage juste de la valeur ajoutée s’impose si nous voulons tous ensemble assurer la pérennité du secteur. A Iscal, les principes de l’accord pour les deux prochaines récoltes ont été acceptés par les parties ; le texte final est en cours de rédaction. A la RT, la négociation a seulement débuté. Son déroulement reste à ce jour imprévisible étant donné les antécédents de la précédente. Les attentes et les exigences des planteurs sont à la hauteur de l’obligation d’un contrat rémunérateur. Évidemment, personne ne peut influencer significativement et favorablement le cours mondial du sucre. Seule une volonté universelle de réduire la production mondiale permettrait de soutenir le cours du sucre. Cela tient du fantasme, nous sommes loin du compte. Il faudra faire preuve de créativité pour passer les années difficiles. Les planteurs français par le biais de leur organisation betteravière la CGB ont déjà ouvert une réflexion sur le sujet. Ils pensent à des assurances récoltes ou à un fonds mutuel sectoriel Betteraves-Sucre. Le règlement Omnibus trace des perspectives intéressantes en matière de gestion de risques. La CBB, avec l’aide de la CIBE, va examiner et étudier cette piste. Nous espérons aussi que SUBEL (association des fabricants de sucre belges) se montrera positive et proactive en cette matière.

Nous constatons aussi qu’en fin d’année 2017, le pire a été évité dans le dossier glyphosate. Mais il faudra se montrer attentif et continuer notre combat pour que le retrait de ce produit ne devienne effectif avant l’avènement véritable d’une solution de remplacement crédible en tous points. Un autre sujet, encore plus délicat pour les betteraviers et les chicoréens, est le dossier néonicotinoïdes. Nous devons absolument obtenir le maintien de l’usage de ces produits par le biais d’une exception propre et unique à ces deux cultures. Les études scientifiques ne nous manquent pas mais le problème a pris une dimension trop politique. Ici aussi la compétitivité du secteur Betteraves-Sucre belge est sérieusement menacée.

La  CBB va atteindre cette année l’âge respectable de 50 ans. Durant toute cette période, elle a dû faire face à de nombreux défis. Pourquoi est-elle parvenue à réaliser l’essentiel de ces objectifs ? La première raison est la confiance qu’elle a reçue de ses planteurs. La deuxième est l’unité dont ont fait preuve nos prédécesseurs, alliée à la compétence exemplaire d’un personnel toujours disponible à tout moment. La troisième et non des moindres sont le pragmatisme et le bon sens paysans qui ont été à la base de toute décision et non une ligne doctrinaire basée sur une pensée unique. Par respect pour ceux qui ont forgé ce passé, nous ne pouvons pas passer cet événement sous silence mais au contraire en marquant le coup, trouver l’inspiration et un nouveau souffle pour moderniser l’outil et le rendre plus accessible et plus productif à la nouvelle génération de planteurs. Comme vous le savez, les défis sont nombreux et pour les solutionner au mieux, vos avis comptent. Venez nombreux les exprimer aux assemblées prévues dans les semaines à venir.

 



 

Les résultats Variétés 2017 se trouvent ici.

Pour consulter la dernière édition du Betteravier, cliquez ici.

Veuillez nous aider à comprendre la situation des producteurs de betteraves sucrières belges. Veuillez participer à l'enquête SUFISA. Merci d'avance. Utilisez ce lien.

Espace Membres